Bien Plus Qu'un Charpentier

Josh McDowell

 

 

 

***LES RECITS BIBLIQUES SONT-ILS DIGNES DE FOI?***

 

 

Le Nouveau Testament fournit la principale source historique d'information concernant Jésus-Christ. De ce fait, de nombreux critiques, au cours des dix-neuvième et vingtième siècles, ont attaqué la crédibilité des documents bibliques. Il semble qu'il y ait un barrage constant d'accusations sans fondement historique, ou qui sont maintenant dépassées par les recherches et les découvertes archéologiques.

Dans le cadre des conférences que je donnais à l'Université d'Etat de l'Arizona, un professeur qui avait amené avec lui sa classe de littérature m'aborda, après une conférence-débat en plein air. Il me dit:

- Monsieur McDowell, vous basez toutes vos prétentions à propos de Christ sur un document du deuxième siècle qui est dépassé. En classe, aujourd'hui, j'ai montré que le Nouveau Testament fut écrit si longtemps après Jésus-Christ qu'il ne peut être exact dans ce qu'il relate.

je répliquai:

- Vos opinions ou conclusions sur le Nouveau Testament ont vingt-cinq ans de retard.

Les opinions de ce professeur sur les récits concernant Jésus trouvent leur source dans les conclusions du critique allemand F. C. Baur. Baur prétendit que la plus grande partie des textes du Nouveau Testament furent écrits seulement à la fin du deuxième siècle après Jésus-Christ. Il conclut que ces écrits provenaient principalement de mythes et de légendes qui se seraient développés pendant ce long intervalle entre le temps où Jésus vivait sur la terre et le temps où ces récits furent mis par écrit.

Cependant, au cours du vingtième siècle, les découvertes archéologiques ont confirmé l'exactitude des manuscrits du Nouveau Testament. Les découvertes de papyrus anciens (le manuscrit John Ryland, 130 après Jésus Christ, le papyrus Chester Beatty, 155 après Jésus Christ et le papyrus Bodmer 11, 200 après Jésus Christ) ont fait la soudure entre l'époque de Christ et les manuscrits existants d'une époque plus récente.

Millar Burrows, de Yale, déclare: «Un autre résultat de la comparaison du grec du Nouveau Testament avec la langue des papyrus (découverts), c'est une confiance accrue dans la transmission exacte du texte du Nouveau Testament lui-même.» De telles découvertes ont affermi la confiance intellectuelle dans la validité de la Bible.

William Albright, qui fut l'un des plus éminents archéologues bibliques du monde, écrit: «Nous pouvons déjà affirmer catégoriquement qu'il n'existe plus de base solide pour estimer aucun des livres du Nouveau Testament postérieur à l'an 80 après Jésus-Christ, soit deux générations complètes avant la date de 130 à150 avancée par les plus radicaux des critiques actuels du Nouveau Testament.» Il réitère cette idée dans une interview donnée au magazine Christianity Today: «A mon avis, chaque livre du Nouveau Testament fut écrit par un juif baptisé, entre les années quarante et quatrevingts du premier siècle après Jésus-Christ (très probablement entre l'an 50 et l'an 75).»

Sir William Ramsay est considéré comme l'un des plus grands archéologues ayant jamais vécu. Il fut un disciple de l'Ecole allemande d'histoire qui professait que le livre des Actes était un produit de la moitié du second siècle après Jésus-Christ, et non du premier siècle, comme le livre lui-même le prétend. Après avoir lu la critique moderne du livre des Actes, il acquit la conviction que ce dernier n'était pas un compte-rendu crédible des faits de ce tempslà (l'an 50 après Jésus-Christ), et, pour cette raison, n'était pas digne de la considération d'un historien. Aussi, dans ses recherches sur l'histoire de l'Asie mineure, Ramsay accorda peu d'attention au Nouveau Testament. Ses investigations, cependant, l'obligèrent en fin de compte à examiner les écrits de Luc. Il observa la méticuleuse exactitude des détails historiques, et graduellement, son attitude vis-à-vis du livre des Actes commença à changer. Force lui fut de conclure que «Luc est un historien de premier ordre... cet auteur devrait avoir sa place parmi les plus grands historiens.» Cette exactitude du détail le plus infime amena finalement Ramsay à reconnaître que les Actes ne pouvaient être un document du deuxième siècle, mais bien plutôt un compte-rendu datant de la moitié du premier siècle.

Bien des savants libéraux se voient obligés d'envisager des dates plus anciennes pour le Nouveau Testament. Les conclusions du Dr John A. T. Robinson dans un livre récent sont stupéfiantes, tant elles sont radicales. Ses recherches l'ont conduit à la conviction que le Nouveau Testament tout entier fut écrit avant la chute de Jérusalem en l'an 70 de notre ère.

Aujourd'hui, les critiques formels disent que la matière en était transmise de bouche à oreille avant d'être transcrite sous la forme d'Evangiles. Bien que la période orale soit beaucoup plus courte que ce que l'on avait d'abord cru, ils conclurent que les récits évangéliques revêtirent les formes de la littérature populaire (légendes, contes, mythes et paraboles).

L'une des plus sérieuses critiques que l'on puisse opposer à l'idée du développement d'une tradition orale, comme le prétendent les critiques formels, c'est que la période de tradition orale (telle qu'ils l'ont définie) n'est pas d'assez longue durée pour avoir pu donner naissance aux altérations de la tradition alléguées par ces critiques. Parlant de la courte période entrant en compte dans la rédaction du Nouveau Testament, Simon Kistemaker, enseignant la Bible au Dordt College, écrit: «En règle générale, l'accumulation du folklore parmi les peuples de culture primitive demande plusieurs générations; c'est un processus graduel échelonné sur des siècles. Mais, conformément à la pensée de la critique formelle, nous devons conclure que les récits de l'Evangile sont nés et furent réunis en à peine un peu plus d'une génération. D'après la méthode de la critique formelle, la formation de chaque élément des Evangiles en particulier devrait être comprise comme un programme télescopé, avec une ligne de conduite accélérée.»

A. H. McNeile, ancien professeur de théologie à l'Université de Dublin, conteste la position de la critique formelle quant à la tradition orale. Il souligne que les critiques formels ne traitent pas avec la rigueur voulue la question de la tradition concernant les paroles de Jésus. Un regard attentif à 1 Corinthiens 7:10, 12, 25 nous montre qu'il existe une tradition visant à rapporter ces paroles et qu'on l'a soigneusement préservée. Dans la religion juive, la coutume voulait qu'un étudiant mémorise l'enseignement du rabbin. Un bon étudiant était comme «une citerne étanche qui ne laisse fuir nulle goutte» (Mishna, Aboth, ii, 8). Si l'on s'en rapporte à la théorie de C. F. Burney, on peut supposer que l'enseignement du Seigneur revêtait pour une grande part la forme de la poésie araméenne, ce qui le rendait facile à mémoriser.

Paul L. Maier, professeur d'histoire ancienne à la West Michigan University, écrit: «Les arguments soutenant que le christianisme aurait forgé son mythe de Pâques durant une longue période, ou que les documents originaux auraient été écrits de nombreuses années après les événements sont tout simplement contraires aux faits.» Analysant la critique formelle, AIbright écrit: «Seuls les érudits modernes, dépourvus à la fois de méthode et de perspective historiques, peuvent tisser une toile de spéculations semblable à celle dont les critiques formels ont entouré la tradition évangélique.» La conclusion personnelle d'Albright est qu'une «période de vingt à cinquante ans est trop insignifiante pour permettre une altération sensible du contenu essentiel, voire des termes spécifiques des propos de Jésus.»

Souvent, lorsque je parle de la Bible à quelqu'un, il prend un ton sarcastique et me répond qu'on ne peut se fier à ce que dit la Bible. Eh quoi! Elle fut écrite il y a presque deux mille ans. Elle est pleine d'erreurs et de contradictions. je dis alors ma conviction que je peux faire confiance aux Ecritures. Puis je décris un incident qui eut lieu lors d'une conférence dans une classe d'histoire. J'avais affirmé que je croyais qu'il existe plus d'évidence pour la validité du Nouveau Testament que pour dix livres de la littérature classique réunis. Le professeur était assis dans un coin, ricanant tout bas, comme pour dire: «Vas-y, cause toujours!» je lui dis:

- Qu'est-ce qui vous fait rire?

Il me répondit:

- Votre audace de prétendre devant une classe d'histoire que le Nouveau Testament est digne de foi. C'est vraiment ridicule.

J'apprécie que l'on me fasse une déclaration comme celle-là, parce que j'aime toujours poser cette seule question. (je n'ai jamais reçu de réponse positive.) je lui rétorquai:

- Dites-moi, Monsieur, en tant qu'historien, quels sont les tests que vous appliquez à toute oeuvre de littérature historique pour déterminer si elle est exacte ou digne de foi?

La chose étonnante, c'est qu'il n'en avait pas. je lui répondis:

- Personnellement, j'ai certains tests.

Je crois que la valeur historique des Ecritures devrait être testée selon les mêmes critères que tous les documents historiques. L'historien militaire C. Sanders énumère et explique les trois principes de base de l'historiographie. Ce sont: le test bibliographique, le test de l'évidence intrinsèque et le test de l'évidence extrinsèque.

TEST BIBLIOGRAPHIQUE

Le test bibliographique est.un examen de la transmission de textes par laquelle des documents arrivent jusqu'à nous. En d'autres termes, ne possédant pas les documents originaux, quel crédit pouvons-nous accorder aux copies que nous en avons, en s'appuyant sur le nombre de manuscrits (MSS) et sur l'intervalle de temps séparant l'original de la copie?

Nous pouvons apprécier quelle autorité l'abondance de manuscrits confère au Nouveau Testament, en le comparant avec des textes d'autres auteurs anciens illustres.

Nous disposons de l'histoire de Thucydide (460 à 400 avant Jésus-Christ) par l'intermédiaire de huit manuscrits seulement, datant des années 900 de notre ère, soit presque 1300 ans après qu'il l'ait écrite. Les manuscrits de l'histoire d'Hérodote sont également récents et rares; pourtant, ainsi que conclut F. F. Bruce: «Aucun savant classique ne prêterait l'oreille àun argument mettant en doute l'authenticité d'Hérodote ou de Thucydide, sous prétexte que les plus anciens manuscrits de leurs oeuvres auxquels nous ayons accès sont postérieurs de 1300 ans aux originaux.»

Aristote écrivit ses poèmes autour de l'an 343 avant Jésus-Christ, cependant la copie la plus ancienne que nous en ayons date de l'an 1100 après Jésus-Christ, ce qui représente un fossé de presque 1400 années; en outre, 'il n'en existe que cinq manuscrits.

César a rédigé sa Guerre des Gaules entre l'an 58 et l'an 50 avant Jésus-Christ, et son autorité repose sur neuf ou dix copies produites 1000 ans après sa mort.

Lorsque nous en venons à l'autorité conférée au Nouveau Testament par ses manuscrits, leur abondance est presque embarrassante, par contraste. Après les découvertes des papyrus anciens qui firent la soudure entre l'époque de Christ et le deuxième siècle, quantité de nouveaux manuscrits furent mis à jour. Il existe aujourd'hui plus de 20 000 copies des manuscrits du Nouveau Testament. L'Iliade a 643 manuscrits et vient en second après le Nouveau Testament quant à l'autorité de ses manuscrits.

Sir Frederic Kenyon, qui fut conservateur et bibliothécaire du British Museum, conclut ainsi: «L'intervalle entre les dates de la composition originale et les documents les plus anciens devient donc presque négligeable; le dernier fondement permettant de douter que les Ecritures nous soient parvenues en substance telles qu'elles furent écrites, a maintenant disparu. L'authenticité, de même que l'intégrité générale des livres du Nouveau Testament, peuvent être considérées comme définitivement établies.»

L'helléniste J. Harold Greenlee, versé dans l'étude du Nouveau Testament, ajoute: «A partir du moment où les savants acceptent les classiques de l'antiquité comme étant généralement dignes de foi, alors que les manuscrits les plus anciens ont été recopiés longtemps après les écrits originaux, et que le nombre de manuscrits existant, dans bien des cas, est si faible, il est clair que la validité du texte du Nouveau Testament est assurée.»

Appliquer le test bibliographique au Nouveau Testament nous assure que son autorité sanctionnée par ses manuscrits dépasse celle de n'importe quel écrit de la littérature de l'antiquité. Lorsque l'on ajoute à cette sanction les 100 années de critique intensive dont les écrits du Nouveau Testament ont fait l'objet, l'on peut conclure qu'un texte authentique du Nouveau Testament a été établi.

TEST DE L'IVIDENCE INTRINSEQUE

Le test bibliographique a seulement déterminé que le texte actuellement en notre possession est celui qui fut rédigé à l'origine. Il nous reste encore à définir si cette relation écrite est crédible et dans quelle mesure. C'est le problème de la critique interne, et c'est le deuxième test d'historicité énuméré par C. Sanders.

Sur ce point, le critique littéraire suit encore aujourd'hui la maxime d'Aristote: «Le bénéfice du doute doit aller au document lui-même, sans que le critique ne se l'arroge pour son propre compte.» En d'autres termes, comme John W. Montgomery le résume, «l'on doit prendre en compte les assertions du document en question et non supposer la fraude ou l'erreur, à moins que l'auteur ne se disqualifie lui-même par des contradictions ou des inexactitudes reconnues concernant les faits.»

Le Dr Louis Gottschalk, ancien professeur d'histoire à l'Université de Chicago, a tracé les grandes lignes de sa méthode d'historicité dans un guide très utilisé en matière d'investigation historique. Gottschalk souligne que l'aptitude de l'écrivain ou du témoin à dire la vérité aide l'historien à déterminer la crédibilité, «même s'il s'agit d'un document obtenu par force ou par fraude, ou attaquable à d'autres égards, ou fondé sur un simple ouï-dire, ou émanant d'un témoin intéressé.»

Cette «aptitude à dire la vérité» est en rapport étroit avec la fidélité du témoin face aux événements racontés, à la fois sur le plan géographique et chronologique. Les récits du Nouveau Testament sur la vie et l'enseignement de Jésus furent rapportés par des hommes qui étaient eux-mêmes des témoins oculaires, ou qui répétaient les récits de certains témoins oculaires des événements réels ou des enseignements de Christ.

Luc 1:1-3 dit: «Puisque plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, tels que nous les ont transmis ceux qui, dès le commencement ont été les témoins oculaires et qui sont devenus serviteurs de la parole, il m'a semblé bon àmoi aussi, après avoir tout recherché exactement depuis les origines, de te 'l'exposer par écrit d'une manière suivie, excellent Théophile ... »

2 Pierre 1:16 dit: «Ce n'est pas, en effet, en suivant des fables habilement conçues que nous vous avons fait connaître la puissance et l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ, mais parce que nous avons vu sa majesté de nos propres yeux.»

1 Jean 1:3 déclare: «... ce que nous avons vu et entendu, nous vous l'annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi, vous soyez en communion avec nous. Or, notre communion est avec le Père et avec son Fils, Jésus-Christ.»

Jean 19:35 dit: «Celui qui l'a vu en a rendu témoignage, et son témoignage est vrai; et lui, il sait qu'il dit vrai, afin que vous croyiez, vous aussi. »

Luc 3:1 avance: «La quinzième année du règne de Tibère César, alors que Ponce Pilate était gouverneur de la Judée, Hérode tétrarque de la Galilée, son frère Philippe tétrarque de l'Iturée et du territoire de la Trachonite, Lysanias tétrarque de l'Abilène ... »

Cette fidélité aux récits racontés est un moyen extrêmement efficace de certifier l'exactitude de ce qu'un témoin retient. L'historien, cependant, est également confronté avec le témoin oculaire qui, consciemment ou pas, dit des choses fausses, même s'il est proche des événements et se trouve bien placé pour dire la vérité.

Les récits parlant de Christ, dans le Nouveau Testament, circulaient du vivant des contemporains de Jésus. Ceux-ci pouvaient assurément confirmer ou nier l'exactitude de ces récits. En défendant la cause de l'Evangile, les apôtres faisaient appel (même face à leurs opposants les plus irréductibles) à ce que tout le monde savait de Jésus. Ils ne se contentaient pas de dire: «Tenez, nous avons vu ceci», ou «Nous avons entendu que ... », mais ils retournaient contre eux les arguments de leurs adversaires et clamaient bien haut face à la critique adverse: «Vous aussi savez ces choses... vous les avez vues; vous savez vous-mêmes ce qu'il en est.» Mieux vaut être prudent quand vous dites àvotre adversaire: «Vous le savez, vous aussi,» parce que si vos détails ne sont pas exacts, on vous le jettera au visage séance tenante.

Actes 2:22 dit: «Israélites, écoutez ces paroles! Jésus de Nazareth, cet homme approuvé de Dieu devant vous par les miracles, les prodiges et les signes que Dieu a faits par lui au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes ... »

Actes 26:24-26 déclare: «Comme il (Paul) se défendait ainsi, Festus dit à haute voix: Tu es fou, Paul! Ta grande érudition te pousse à la folie! je ne suis pas fou, très excellent Festus, répliqua Paul; ce sont, au contraire, des paroles de vérité et de bon sens que j'exprime. Le roi est instruit de ces faits, je lui en parle ouvertement, car je suis persuadé qu'il n'en ignore rien, puisque ce n'est pas en cachette que cela s'est passé. »

Concernant la valeur de la source originelle des récits du Nouveau Testament, F. F. Bruce, professeur de critique et d'éxégèse biblique à l'Université de Manchester, dit: «Et ce ne fut pas seulement à des témoins oculaires sympathiques à sa cause que les premiers prédicateurs eurent affaire; il y en avait d'autres, moins bien disposés, qui connaissaient également les grandes lignes du ministère et de la mort de Jésus. Les disciples ne pouvaient se permettre de risquer des inexactitudes (sans parler de manipulation intentionnelle des faits), ce qui aurait immédiatement été démasqué par ceux qui n'auraient été que trop contents de le faire. Au contraire, l'un des points forts de la prédication des apôtres, à l'origine, était l'appel confiant fait à la connaissance des auditeurs; ils ne disaient pas seulement: Nous sommes témoins de ces choses, mais aussi: Comme vous le savez vousmêmes (Actes 2:22). S'il y avait eu une tendance à s'écarter des faits sur n'importe quel point notable, la présence possible de témoins hostiles, dans l'auditoire, aurait agi comme un correctif supplémentaire.»

Lawrence J. McGinley, de Saint Peter's College, émet ce commentaire sur la valeur de témoins hostiles en relation avec les événements rapportés: «Avant tout, des témoins oculaires des événements en question vivaient encore lorsque la tradition fut complètement formée; et parmi ces témoins oculaires se trouvaient des ennemis féroces du nouveau mouvement religieux. Pourtant, la tradition prétendait narrer une série de hauts faits bien connus et enseignait publiquement des doctrines, à une époque où de fausses affirmations pouvaient être, et auraient été contredites.»

Voici ce que conclut Robert Grant, professeur de Nouveau Testament à Chicago: «Au temps où ils (les Evangiles synoptiques) furent écrits, ou sont supposés l'avoir été, il existait des témoins oculaires, et leur témoignage n'était pas complètement négligé... Cela signifie que les Evangiles doivent être regardés comme des témoignages hautement dignes de foi concernant la vie, la mort et la résurrection de Jésus.»

Will Durant, spécialiste de l'investigation historique et qui a passé sa vie à analyser des récits de l'antiquité, écrit: «Malgré les préjugés et les idées théologiques préconçues sur les auteurs des Evangiles, ceux-ci ont rapporté beaucoup d'incidents que de simples inventeurs auraient évité de révéler: la rivalité des apôtres visant des places élevées dans le royaume, leur fuite après l'arrestation de Jésus, le reniement de Pierre, le fait que Christ n'a pas réussi à opérer des miracles en Galilée, les allusions de certains auditeurs à sa folie possible, son incertitude passagère concernant sa mission, ses aveux qu'il ignorait le futur, ses moments d'amertume, son cri de désespoir sur la croix. Personne, en lisant ces scènes, ne peut douter de la réalité du personnage qui les incarne. Qu'une poignée d'hommes simples aient pu, en une génération, créer de toutes pièces une personnalité aussi puissante et attachante, une éthique aussi élevée et une vision aussi édifiante de la fraternité hu,piaine, serait un miracle bien plus grand qu'aucun de ceux relatés dans les Evangiles. Après deux siècles de haute critique, les grandes lignes de la vie, du caractère et de l'enseignement de Christ demeurent raisonnablement claires et forment la figure la plus fascinante de l'histoire de l'homme occidental.»

TEST DE L'EVIDENCE EXTRINSEQUE

Le troisième test d'historicité est celui de l'évidence extrinsèque. La question, ici, est de savoir si d'autres pièces historiques confirment ou démentent le témoignage intrinsèque des documents eux-mêmes. En d'autres termes, quelles sources existe-t-il, outre la littérature faisant l'objet de notre analyse, qui justifie son exactitude, sa validité et son authenticité?

Gottschalk affirme que «la conformité ou la concordance avec d'autres faits historiques ou scientifiques connus est souvent le test probatoire décisif, qu'il provienne d'un ou de plusieurs témoignages. »

Deux amis de l'apôtre Jean confirment les preuves intrinsèques contenues dans les récits de Jean. L'historien Eusèbe a conservé des écrits de Papias, évêque d'Hiérapolis (130 après Jésus Christ): «L'Ancien (l'apôtre Jean) avait également l'habitude de dire: Marc, étant l'interprète de Pierre, notait avec exactitude tout ce qu'il (Pierre) mentionnait à propos du Christ, ses paroles et ses oeuvres, mais sans aucun ordre. Car il ne fut ni un auditeur, ni un compagnon du Seigneur; mais, comme je l'ai dit, par la suite il accompagna Pierre qui adaptait ses enseignements à la nécessité du moment, sans chercher à faire une compilation des paroles du Seigneur. Marc ne commettait donc aucune erreur en notant les choses de cette façon, telles que Pierre les mentionnait; en effet il s'efforçait de ne rien omettre de ce qu'il avait entendu et de n'y inclure aucun faux rapport.»

Irénée, évêque de Lyon (180 après Jésus Christ, il fut un élève de Polycarpe, évêque de Smyrne, qui fut chrétien pendant quatre-vingtsix ans et était un disciple de l'apôtre Jean) écrivait: «Matthieu fit paraître son Evangile parmi les Hébreux dans leur propre langue, pendant que Pierre et Paul prêchaient l'Evangile à Rome et y fondaient l'Eglise. Après leur départ (c'est-à-dire leur mort, qu'une tradition fermement établie situe au temps de la persécution néronienne, en 64), Marc, le disciple et interprète de Pierre, nous transmit lui-même par écrit l'essentiel de l'enseignement de Pierre. Luc, le disciple de Paul, consigna dans un livre l'Evangile prêché par son maître. Puis Jean, le disciple du Seigneur qui s'était également penché sur sa poitrine (référence à Jean 13:25 et 21:20), produisit à son tour son Evangile, alors qu'il vivait à Ephèse en Asie.»

L'archéologie fournit souvent d'importantes preuves extrinsèques. Elle apporte sa contribution à la critique biblique, non dans le domaine de l'inspiration et de la révélation, mais en attestant l'exactitude des événements rapportés. L'archéologue Joseph Free écrit: «L.'.archéologie a confirmé d'innombrables passages qui avaient été rejetés par les critiques comme non historiques ou en contradiction avec des faits connus. »

Nous avons déjà vu comment l'archéologie incita Sir William Ramsay à revoir ses premières convictions négatives concernant l'historicité de Luc et à conclure que le livre des Actes était exact dans sa description de la géographie, des antiquités et de la société de l'Asie mineure.

F. F. Bruce note: «Quand Luc a été suspecté d'inexactitude, alors que l'exactitude a été justifiée par la corroboration de certains écrits (évidences extrinsèques), il est légitime de dire que l'archéologie a confirmé les récits du Nouveau Testament. »

A. N. Sherwin-White, un historien classique, écrit: «Quant au livre des Actes, la confirmation de son historicité est écrasante.» Il poursuit en disant que «toute tentative pour rejeter son caractère fondamentalement historique, même dans les questions de détail, doit maintenant apparaître comme absurde. Les historiens romains l'ont depuis longtemps considéré comme un fait établi.»

Après avoir personnellement essayé de détruire l'historicité et la validité des Ecritures, j'en suis venu à la conclusion qu'elles sont dignes de foi sur le plan historique. Si quelqu'un rejette la Bible sous prétexte qu'elle n'est pas crédible, alors il lui faut rejeter presque toute la littérature de l'antiquité. Un problème auquel je suis constamment confronté, c'est la tentation, pour beaucoup, d'appliquer un standard ou un test à la littérature séculière et un autre à la Bible. Il faut appliquer le même test, que la littérature faisant l'objet de notre investigation soit séculière ou religieuse. Une fois cela fait, je crois que nous pouvons dire: «La Bible est digne de foi et historiquement valable dans son témoignage concernant Jésus.»

Le Dr Clark H. Pinnock, professeur de théologie systématique au Regent College, déclare: «Il n'existe aucun document du monde antique ratifié par un ensemble aussi excellent de témoignages textuels ou historiques, qui offrent un éventail aussi superbe de données historiques sur lesquelles un jugement éclairé puisse être porté. Quelqu'un d'honnête ne peut rejeter une source de cette espèce. Le scepticisme relatif aux preuves historiques du christianisme est fondé sur un préjugé bien naturel contre l'irrationnel, (c'est-à-dire contre tout ce qui touche au domaine surnaturel).»

 

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